Coach de vie…

Lien audio : Billet du 13 octobre 2009

Comme bon nombre de gens qui possèdent une adresse électronique, ma boîte de réception se voit régulièrement agressée par toutes sortes de messages, qui par je ne sais quel tour de passe-passe se faufilent au travers des mailles de mon anti-virus, et autres pare-feux… Entre les prières qui me promettent une vie pavée d’emmerdements si je n’en fais pas bénéficier mon prochain ou les gains mirobolants dont je suis l’heureuse bénéficiaire dans un pays dont j’ignore même le nom, depuis la rentrée, je reçois de façon intempestive des messages qui me proposent de régler tous mes problèmes. Personnels, financiers, familiaux, professionnels, physiques, spirituels et j’en passe… Des messages qui m’offrent de combattre l’auto-sabotage qu’évidemment je pratique sans le savoir… qui m’invitent à découvrir  les mille et uns  moyens de maîtriser mon existence que bien sûr je subis outrageusement… bref, de faire fructifier mon extraordinaire potentiel d’être humain dont j’ignore quasiment tout! Après le curé et son confessionnal, le psy et son divan… voilà donc une nouvelle race de sauveurs : le coach de vie et ses recettes miracles!

Eh bien je l’avoue le terme me fascine!… J’ignorais que la vie dans sa complexité, sa vastitude et son mouvement perpétuel pouvait être en bon français : coachée! D’autre part, à moins qu’il ne se prenne pour Dieu…ce que je n’ose penser… Je me demande comment un seul et même individu peut prétendre régler l’ensemble de mes petites et grosses misères… A priori, si je m’adresse à un dermatologue pour soigner une carie, il y a fort à parier que je vais m’offrir une bonne rage de dents! Et oui je le confesse quand je désire un bon pain au levain, je ne vais pas chez mon boucher… Je vous l’accorde, il existe bon nombre de supermarchés dans lesquels on trouve de tout… et de tout, on en trouve chez le coach de vie qui se respecte : Un brin de psychologie, une pincée de philosophie, un doigt d’humour, une cuillère à thé de pseudo-spiritualité, une louche de nutrition, une bonne dose d’exercices physiques… le tout saupoudré de poncifs du genre : Mais n’oubliez jamais que vous possédez en vous toutes les réponses!  

Eh oui… Au nom du bonheur, de la performance ou de cette quête sacrée de la fameuse estime de soi, n’importe qui peut donc faire n’importe quoi avec une prétention que je trouve déplacée, à commencer par l’utilisation du terme coach de vie! Car à mes yeux un véritable professionnel capable d’aider ses frères humains possède avant tout, l’humilité de connaître ses limites.

Et comme dirait l’autre : c’est parce que je doute, que je suis à même de remettre en cause le bien-fondé de la démarche de ces nouveaux apôtres du : j’ai-la-solution-à-tous-vos-problèmes… Et qu’on ne me parle d’altruisme… car j’ai beau être une brebis égarée dans ce monde qui ne l’est pas moins, j’ai encore suffisamment foi en la vie pour éviter qu’on me prenne pour une courge!

Ceci étant dit, bien au-delà de l’individu, le concept coach de vie est sans conteste le pur produit d’une société nombriliste, qui à force de se créer des besoins, se noie dans ses insatisfactions et qui, sous le fallacieux prétexte d’obtenir des réponses sur tout et n’importe quoi, oublie essentiellement, de se poser les bonnes questions!

 

© Tous droits réservés Sophie Hartung – Octobre 2009-

 

Tout est relatif…

 Lien audio : Billet du 15 septembre 2009

Il y a des matins, où rien ne va, où dès le réveil, la fée Mauvais poil s’invite sans prévenir et trouve un malin plaisir à pourrir le début de votre journée en semant ça et là de perfides petites embûches… Comme par exemple se prendre les pieds dans le bol du chat qui vous décoche au passage un bon coup de griffe, car, pour éviter de vous encastrer dans le frigo, vous lui avez malencontreusement écrasé la queue. Évidemment le sort s’acharne, la poignée du placard de toute vos convoitises vous reste dans la main… celui qui renferme la boîte de café… qui s’avère être bien entendu désespérément vide… après une nuit écourtée par une croisade menée à coup d’oreiller contre un escadron de moustiques vrombissant en mal de chair fraîche… C’est en résumé le début de journée que je me suis offert récemment et qui ne m’incitait qu’à une chose, me recoucher… Mais voilà,  j’avais un texte à pondre… Heureusement le Dieu Dépanneur allait me sortir de cet enfer… Mais l’implacable logique d’une journée-galère colle à la peau comme une gomme sous une semelle : Fermé le dépanneur! A deux doigts de l’ulcère, je dus me résoudre à une marche forcée pour obtenir ma dose de caféine salvatrice… Ruminant mon infortune, je fus alors bousculée par une horde d’enfants, excités par le son suraigu d’une cloche qui n’en finissait pas de manifester sa joie en ce jour de rentrée des classes… Mais bien que mijotant dans ma poisseuse mauvaise humeur, je remarquais à quelques mètres du peloton vociférant qui s’engouffrait dans la cour, une fillette d’une dizaine d’année, qui traînait les pieds et que visiblement son père tentait de rassurer… Tant bien que mal, elle finit par franchir d’un pas de forçat résigné les grilles de l’école, en traînant tel un boulet,  son sac d’écolière…  Comme soudain mes déboires matinaux m’apparurent lilliputiens face à ce qu’elle vivait, visiblement, comme un parcours du combattant… En la regardant s’éloigner, je réalisais mon bonheur de ne plus avoir à affronter le système scolaire… Ah! Ne plus avoir à vivre ce stress de la quête absurde de ce graal qui s’appelle bonne note. Ne plus avoir à subir le gavage d’un programme imposé qui mène à une «écoeurantite» aigue et omet la distinction fondamentale qu’il y a entre connaissance et savoir… Oh quel pied de ne plus craindre le bulletin scolaire, ce morceau de papier qui vous réduit à un label de qualité : bon élève, mauvais, ou pire… moyen! Et dire que l’école pourrait être un lieu extraordinaire pour apprendre et se construire, si elle n’était le berceau de cette gorgone appelée compétition… Mais ça c’est un autre combat…                  
Ceci dit ma journée venait de changer de couleur, j’éprouvais soudain une délicieuse sensation de liberté… et tout en ayant une pensée pleine de tendresse pour cette fillette, ma mémoire reconnaissante se dirigea vers le souvenir de monsieur Lajoie, cet extraordinaire professeur de français qui bien plus que des connaissances m’avait transmis : l’envie… Celle de m’abreuver à toutes les sources pour mieux développer la mienne… Devant mon café, la fée Création évinça d’un revers de plume la fée Mauvais poil…  en me rappelant au passage qu’à l’école de la vie on apprend souvent… que tout est relatif!

© Tous droits réservés Sophie Hartung – Septembre 2009-

Bonnes Vacances…

L’été arrive à grand pas… pétri d’odeurs, de couleurs et du bonheur de voir se profiler à l’horizon le mot vacances… Vacances, mot magique s’il en est, qui alimenta la conversation lors du souper auquel ma voisine m’a récemment convié, histoire d’entretenir de cordiales relations … Il y avait là quelques-uns de ses amis et le sujet des vacances estivales fût lancé par l’un des convives, adepte du tout-inclus qui nous décrivit avec force qualificatifs, la vue paradisiaque de sa chambre louée dans un 4 étoiles mais à prix défiant toute concurrence, sur une île -version carte postale- . Il dressa ensuite la liste de tout ce qu’il allait faire : excursions, ski-nautique, plongée sous-marine, pêche au gros et j’en passe… Puis vînt le tour d’un couple, fidèle au même camping depuis 10 ans, avec lac artificiel mais dans lequel on pouvait bien sûr pêcher… Un camping proche de la nature avec piste asphaltée pour faire du patin à roues alignées, billard, mini-golf, terrains de basket, piscine surveillée… Bref un endroit extraordinaire avec mille choses à faire pour que surtout leurs enfants ne s’ennuient pas… Ma voisine quant à elle partait se ressourcer à la campagne, faire des travaux de rénovation pour améliorer le confort spartiate du chalet de son compagnon. Portable, cellulaire et autre i-pod seraient de l’expédition pour rester branchée sur le monde dans cet endroit magnifique mais éloigné de tout… On n’est pas des sauvages que diable! Et enfin un professeur en histoire de l’art, éreintée par son année scolaire, s’offrait le tour des grands musées d’Europe pour parfaire sa culture. Au programme : Londres, Paris, Amsterdam, Berlin, Vienne, Rome et peut-être Madrid s’il lui restait quelques deniers, le tout en un mois… Quand mon tour arriva et que la question fatidique tomba : Et toi que fais-tu pour les vacances?… J’ai répondu : Rien… Et n’en ajoutais pas plus… Mais comme la nature a horreur du vide, chacun y alla de son petit commentaire, en me disant que c’était formidable de rester chez soi pendant les vacances et de profiter de ce moment pour faire tout ce qu’on a n’a pas le temps de faire pendant l’année… Ne ménageant pas leurs efforts pour me donner des idées : ménage des placards, repeindre les murs de mon appartement, trier mes papiers sans compter qu’ici l’été regorgeait d’une foule d’activité à faire… Non, non, quand je dis rien c’est Rien! Mais rien à faire ce petit mot de rien ne leur évoquait rien… quand pour moi il signifiait : savourer le plaisir d’envoyer valser les contraintes, cultiver silence et lenteur, ne prévoir que l’imprévu et me laisser bercer par le souffle de mes désirs du moment! Et même peut-être oser l’ennui… Transformer ce mot qui nous fait si peur en terreau fertile pour émoustiller mon imagination… Pourquoi, même en vacances, vouloir toujours tout combler par le Faire…. Conjuguer le verbe Être n’est-il pas un fort joli projet de villégiature offrant tous les panoramas possibles?… Alors mes vacances de rien : prendre le temps de visiter ces cinq continents que sont mes cinq sens, au cours d’un voyage intérieur gratuit, sans photos-souvenirs pour ne pas m’entendre dire à mon retour : On n’a jamais autant besoin de vacances que lorsqu’on en revient!

© Tous droits réservés Sophie Hartung – Juin 2009-

Ce bon vieux Robert…

 Lien audio : Billet du 26 mai 2009

Fidèle à mon bon vieux Robert qui partage ma vie depuis des années, mais qui je dois bien l’avouer n’est plus de la première fraîcheur, je me suis récemment décidée à le remplacer par un jeune et fringant spécimen! Que voulez-vous, il faut savoir tourner la page… C’est donc avec un mélange de nostalgie et de joie que tardivement le Petit Robert 2009 est entré dans ma vie… Mais contre toute attente ce petit Robert nouveau m’a mise face à tout un dilemme… Pour la mise en contexte, il faut tout d’abord vous dire que régulièrement je joue au scrabble… avec mon chat! Eh oui mon fidèle compagnon félin est un linguiste patenté, dévore les livres plutôt que les souris et à ses heures est un redoutable cruciverbiste… Bref, alors que Plume et moi disputions une partie acharnée sous l’œil attentif de Robert dernière mouture, voilà-t-y -pas que mon minou, moustache arrogante et patte alerte, dépose savamment toutes ces lettres sur le plateau, atteignant qui plus est une des cases : mot compte triple… Mais alors qu’il croyait sa victoire acquise, je fis un bond sur ma chaise : Eh non mon savant petit chatounet d’amour… Imbécilité prend deux L!
Dis donc… me rétorque mon chat bilingue… Il faudrait te mettre au goût du jour… Tu n’as pas entendu parler de la réforme de la nouvelle orthographe…
Réforme, nouvelle orthographe! Comme si Robert en digne gardien de la langue française allait cautionner, ce qui à mes yeux n’était que nivellement par le bas… Sûre de mon fait, je m’empare alors de Robert… qui comme tout le monde le sait a toujours le dernier mot… Mais oh horreur, enfer et trahison… Robert 2009 acceptait bien les deux graphies… Il acceptait même que 6000 vocables portent désormais deux visages… Verte de rage, j’envoyais valser Robert sur le plateau du scrabble… Plume nonchalamment me lança alors…Comme je tiens à mon langage châtié, je te dirais qu’il n’y a que les sots qui n’évoluent pas… en tout cas voilà qui prouve que l’imbécilité n’a point besoin de deux L pour voler bien bas ! Conservatrice va !
Oh rage oh désespoir, moi qui me targue d’être une progressiste, je venais d’être prise en flagrant délit d’une crise de conservatisme aigu… Et pourtant je sais que la pire des choses pour une langue vivante c’est d’être coulé dans le béton et que la langue de Molière n’a eu de cesse d’évoluer au cours des siècles…mais je dois aussi reconnaître ma méfiance face à cette tendance qui consiste à éradiquer peu à peu ce que d’aucuns appellent les caprices de la langue française… Car après tout n’est-ce pas sa complexité qui lui confère beauté et richesse?… Et oui, je les aime moi ses exceptions qui confirment la règle… Et si j’applaudie à l’enrichissement de la langue par l’apparition de nouveaux vocables, je me désole de son appauvrissement au nom de la facilité… Alors jouons, jouons avec la langue française, en gardant peut-être à l’esprit que pour éprouver le délicieux plaisir de transgresser ses règles, quelles qu’elles soient… encore faut-il les connaître donc… les apprendre! Apprendre avec deux P comme Plume… Mais ça c’est une autre histoire…

 

© Tous droits réservés Sophie Hartung – Mai 2009-

 

En mai fais ce qu’il te plaît…

 Lien audio : Billet du 28 avril 2009

Ça y est! Le printemps est arrivé… traînant avec lui une flopée de dictons, parmi lesquels, le prometteur : En mai fais ce qu’il te plaît! Tout un menu à savourer, rempli d’effluves et de renouveau coloré emprunt de liberté… Mais alors que j’attendais mon bus en imaginant tout ce que j’allais m’autoriser de bon et de léger, ma rêverie printanière fut interrompue par une conversation animée entre deux beaux brins de filles… L’une brune et l’autre blonde… La brune malgré un ravissant teint de pêche exprimait son angoisse d’avoir découvert deux épouvantables petites ridules au coin de ses yeux… La blonde, de lui rétorquer que pour éviter une décrépitude annoncée, elle devait absolument investir dans un anneau élastique révolutionnaire qui, porté quotidiennement autour du visage lui offrirait un raffermissement de ses muscles faciaux à chaque fois qu’elle ouvrirait et fermerait la bouche. Pour la modique somme de 130 dollars et en faisant le mérou 15 minutes par jour, elle allait prévenir et atténuer cet outrage du temps appelé rides d’expression… Sans oublier, bien entendu, de s’appliquer chaque soir une crème anti-âge… La donzelle ne devait pas avoir 30 ans!… Si je n’avais déjà été assise, j’en serais tombé de dépit sur mon charnu fessier…! Et la brune longiligne de poursuivre, en s’épanchant sur sa traque journalière du moindre cheveu blanc et avec un quasi sanglot dans la voix évoqua cet odieux petit bourrelet qui s’accrochait désespérément à sa taille et lui donnait des airs de vieille mémère porcine… Mais à renfort de séances de gym, d’onguents magiques voire de liposuccion, elle vaincrait cette excroissance graisseuse afin d’arborer bikini avec un ventre plus plat que plat! Je devais sans doute avoir besoin de nouvelles lunettes, ne distinguant nullement autour de sa taille de guêpe, la proéminence dont elle parlait! Bref, le bus arriva, elles sautèrent dedans telles deux gazelles et mes 42 printemps restèrent cloués de stupéfaction sur le banc de ma jeunesse crucifiée mais de mes rides assumées… En mais fais ce qu’il te plaît… Pour ces deux jeunes pousses prisonnières de leur apparence… Pas si sûr! J’avais oublié que si c’est la période de l’année où les arbres bourgeonnent et les oiseaux cuicuitent, c’est aussi la saison où fleurissent conseils et bouquets de crèmes en tout genre pour avoir l’air belle, jeune, mince et fraîche ou frais, mince, jeune et beau… Eh oui la gent masculine n’étant pas épargnée! Messieurs, à vos masques, prêt partez! Sortez vos gommages et autre émulsion biphasée double action à base d’enzyme exfoliant… Saison des amours… et de la niaiserie oblige…
Assise sur mon banc, je m’interrogeais… Qu’était donc mon printemps devenu? Une triviale chasse aux rides, aux poils, aux capitons, aux cernes et autres cheveux blancs? Une guerre débilitante et nombriliste qui consiste à coup d’antirides et d’anticellulite à lutter contre la nature des choses plutôt que d’en profiter?… Tout ça transpire le mensonge et l’anti-vie à plein nez… Non décidemment, jusqu’à mon dernier souffle, je cueillerais les roses de la vie en tige et non en tube… Et en ce mois de fête des mères, ma chère maman, je te dédie ce billet, à toi qui n’a jamais utilisé de crème que dans ta cuisine et dont les rides d’expression participent à ta franche beauté…

© Tous droits réservés Sophie Hartung – Avril 2009-

Hommage à une très vieille dame…

Lien audio : Billet dU 31 mars 2009

Une fois n’est pas coutume… mais aujourd’hui, je voudrais rendre hommage à une très, très vieille dame…une très vieille dame qui malgré son âge plus que vénérable ne cesse d’être en mouvement. Une vieille dame d’une générosité extraordinaire dont la rotondité, autrefois contestée, lui donne aujourd’hui un charme incontestable…. Une vieille dame qui malgré ses presque 5 milliards d’années…n’a nul besoin de botox pour conserver une beauté à couper le souffle… Cette auguste douairière est envoûtante au naturel, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit… Son teint varie selon les lieux ou les saisons et son magnétisme est indéniable… Ses rides nombreuses et magnifiques se nomment cratères, vallées, déserts ou failles océaniques… Elle abrite en son sein la race dite des Humains… Elle les nourrit, les abreuve, les voit se reproduire et se détruire depuis des siècles, bien campée sur son axe de rotation, qui lui permet de valser autour de son indispensable et solaire compagnon… Elle n’a de cesse d’offrir ses richesses, ses minerais, ses trésors… qui à son corps défendant sont loin d’être partagés équitablement… Elle se laisse éventrer de part en part pour donner sans compter… pour satisfaire l’appétit vorace et féroce de ce monstre appelé profit…
Faut-il alors lui en vouloir de parfois se mettre à trembler de colère?…
Mère nourricière au lait abondant, la Pacha Mama, comme la nomment respectueusement les Amérindiens d’Amérique du Sud, a de quoi nourrir tous ses enfants… Mais parce que certains d’entre eux font bombance au détriment des autres, aujourd’hui elle a besoin de reprendre son souffle…
Quand allons-nous comprendre que la Terre ne nous appartient pas et qu’elle mérite respect, gratitude et attention. Quand allons-nous vraiment prendre soin d’elle et cesser de la piller ou d’en faire le dépotoir de nos excès… Je trouve louable mais terrible que nous ayons besoin de marquer d’une croix rouge nos calendriers à l’occasion d’une journée internationale des forêts, de l’eau ou des espèces en voies de disparition, pour réveiller notre conscience… Faut-il à ce point que nous soyons endormis pour honorer la Terre d’une journée mondiale et nous rappeler une fois l’an, qu’elle est en danger… que NOUS sommes en danger à cause de notre comportement avide et irresponsable et que nous allons léguer à la génération naissante, une Terre en lambeaux… Le jour mondial de la Terre est né un 22 avril, il y a 39 ans… et la situation ne fait que s’aggraver. Le 30 mars 2005, l’Unesco a publié la première évaluation des écosystèmes pour le millénaire, un rapport accablant concernant l’impact de l’homme sur la planète. Mais est-il vraiment besoin de rapports pour constater nos dégâts?… Il suffit de regarder, d’écouter… Je suis loin d’être ce qu’on appelle une militante… Mais je tiens profondément à cette Terre dont je suis issue et à laquelle un jour mes cendres se fondront. J’y tiens au nom de la Vie, au nom de mes ancêtres, de mes semblables et surtout au nom d’Éléonore, Charlotte, Aurore, Galaad, Nayelli, Ugo, Romane, Margot, Antonin, Nina-Lou… Au nom de tous les enfants de cette planète qui sont les laboureurs et les semeurs de demain, si tant est qu’il leur reste une Terre… à cultiver…

© Tous droits réservés Sophie Hartung – Mars 2009-

Dame météo

Lien audio : Billet du 3 mars 2009

Je ne sais pas si c’est dans l’air du temps ou si c’est un signe des temps, mais plus les saisons se succèdent et plus j’ai le sentiment d’entendre à tout bout de champ des considérations climatiques plaintives en tout genre! Et j’avoue que l’exercice pollue un tantinet mon atmosphère… Mais alors que j’allais me répandre en invectives contre ce que je croyais mordicus être un sport essentiellement local… Quelle ne fût pas ma surprise en lisant le Courrier International d’apprendre que le mot-clé le plus tapé sur Monsieur Google est le mot météo loin devant le mot sexe! Mea culpa, parler du temps qu’il fait est donc un sujet des plus universels! Et dire que depuis que je suis en âge de tenter de comprendre les choses de ce monde, je croyais que deux choses le dirigeaient : L’argent et le sexe! Ou l’inverse… c’est selon! Et bien… Que nenni!… L’humanité est obsédée par Dame Météo… et ça de Zanzibar à Honolulu en passant par l’île Mouk-Mouk! Alors certes, cela ne date pas d’hier…puisqu’un certain chinois nommé Nei Tsing Sou Wen a pondu le premier ouvrage sur la météorologie… 3000 ans avant JC…
Mais pourquoi donc aujourd’hui sommes-nous à ce point aux prises avec cette obsession galopante de parler à tous crins du temps qu’il fait ou qu’il fera?… Pourquoi ce sujet considéré comme le plus banal qui soit est à ce point alimenté aux quatre coins de la planète… relayé entre autres par des chaînes de télé qui lui sont entièrement dédié, 24 heures sur 24 et qui prédisent à tout va?… N’y aurait-il pas une goutte de conditionnement voire de manipulation dans cette débauche de bulletin météo qui affecte tant la couleur de notre humeur? La moindre prédiction de chaleur accablante ou de froid polaire…et on a chaud avant d’avoir chaud, froid avant d’avoir froid… Et avant même de vivre le temps qu’il fait, nous le subissons… pour inéluctablement pester, râler, vilipender…le moindre flocon, la plus petite brise ou l’odieux facteur humidex… D’ailleurs je trouve assez ironique que l’on parle des caprices de Dame Météo, quand je lui trouve plutôt bon caractère… Franchement! Dame Météo a la voûte céleste plutôt large… car elle en prend pour son grade et ce, en toute saison… Vitupérer à son endroit a l’air d’être universellement essentiel!!! Voilà donc ce que cacheraient toutes ces banalités apparentes… L’éternel besoin de se trouver un bon vieux bouc émissaire… pratique très en vogue lors du passage d’une puissante zone de turbulence appelée dépression… Cela ne règle rien mais ça soulage! De là à ce que je crie : Vive le consensus relationnel météorologique! Il y a de la marge… Mais si je veux bien admettre que Dame météo est LE sujet de conversation qui permet sans trop se mouiller d’entrer en contact tempéré avec autrui ou de briser la glace lors d’une réunion orageuse… je veux croire aussi que l’Homme n’est pas qu’un animal pétri de superficialité cumulo-nimbesque… et que peut-être derrière tous ses propos à tendance météo-maniaques se dissimule un mal plus profond… celui du retour de cette peur ancestrale… que le ciel ne nous tombe sur la tête! Oh fait… Il fait quel temps chez vous?…

© Tous droits réservés Sophie Hartung – Février 2009-

La Saint-Valentin

Lien audio : Billet du 3 février 2009

Sans doute parce que février est unique en son genre et possède la vertu de nous offrir tous les quatre ans un jour de vie supplémentaire…c’est un mois que je trouve plutôt plaisant! Si ce n’était une ombre rose bonbon au tableau de son calendrier… Une ombre en forme de cœur de tous poils, de cupidons plus ou moins grassouillets, de cygnes blancs aux longs cous enlacés s’affichant sur des cartes d’un goût souvent douteux, sans oublier l’ineffable rose rouge amputée de ses épines par certains fleuristes pour l’occasion… Vous aurez deviné que je ne parle ni de l’Épiphanie, ni de la Saint Jean-Baptiste! Et à moins d’hiberner 6 pieds sous terre au-delà du 60ème parallèle… impossible d’échapper aux sirupeuses publicités vantant les délices de chocolats plus ou moins comestibles ou bien de l’entrecôte pour deux arrosée d’un Saint Amour au prestigieux millésime payable en 3 mensualités sans frais proposés dans votre restaurant préféré… Si l’amour n’a pas de prix… La Saint Valentin… oui! Quel doux paradoxe… et surtout quel piège! Car de toute façon, qu’on la fête ou non, qu’on l’aime ou pas…qu’elle s’apparente à un cessez-le-feu dans votre vie de couple, au plaisir de faire rougir sa carte de crédit pour gâter sa moitié ou qu’elle provoque une poussée d’urticaire chez bon nombre de célibataires… La Saint Valentin ressurgit année après année, froufroutante et envahissante, exhibant sans pudeur des Je t’aime à tous les prix! Jetant ainsi dans un cul de basse fosse commercial le plus noble des sentiments et le reléguant à une sorte d’obligation sociale… Amour et obligation… Quel couple fort mal assorti… Et pourtant, bien que tout un chacun soit prêt à dénoncer son aspect mercantile… La Saint Valentin tient bon! Mais si Les marchands du temple de tout acabit savent oh combien comment récupérer la moindre occasion pour faire du profit… sommes-nous pour autant obligés de jouer les moutons de Panurge sauce Cupidon? Je sais que l’amour rend aveugle… mais si c’est au point de croire que la Saint Valentin qu’on nous vend, a une once de rapport avec l’amour… J’assume de clamer haut et fort…Cachez ce Saint que je ne saurais voir!!!!
Franchement… l’amour a-t-il à ce point besoin d’un jour en particulier pour être fêté, honoré, donné ou reçu? D’ailleurs, je me demande ce qu’en penserait le principal intéressé… Ce fameux Valentin, devenu Saint patron des amoureux pour une obscure raison, qu’on a juché sur un nuage en forme de cœur et qui s’offre une méga crise de foie tous les 14 février! Je gage qu’il n’avait rien demandé! D’ailleurs personne ne sait vraiment qui il était…mais si d’aucuns se plaisent à dire qu’il était prêtre… il ne doit pas trouver tout ce charivari très catholique!!! Quant à l’origine de cette fête, si elle se perd dans les méandres d’un mélange de rites païens ou autres légendes plus ou moins parfumées à l’eau de rose… il est définitivement claire qu’elle n’est pas perdue pour tout le monde!
Mais bien au-delà du fait que ce tralala romantico-chocolaté attise les hormones de mon irritabilité… Je trouve surtout que ce rituel Saint-valentinesque, agrémenté de son flot de guirlandes dégoulinantes de cœur affichées une fois l’an, reflète ni plus ni moins une société en crise… de manque d’amour …

© Tous droits réservés Sophie Hartung – Février 2009-

Le fond, la forme et la grâce!

Les textes qui suivent sont tirés de mes Chroniques hebdomadaires présentées du 9 juin au 25 août 2008, dans l’émission Sans détour animée par François Bugingo sur la première chaîne de Radio-Canada… Vous pouvez entendre chaque chronique en cliquant sur le lien au début de chaque texte

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Méditation culinaire…

Ou comment j’ai fait la peau à une frustration en visitant ces cinq continents que sont nos sens grâce aux lasagnes de mon arrière-grand-mère… Et comme disait Brillat-Savarin : La gourmandise est ennemie des excès!!

Plus de détails… Cliquer ici pour entendre ma chronique du 18 août

Je vous invite également  à visiter ceci : Déguster voilà le secret