Bonnes Vacances…

L’été arrive à grand pas… pétri d’odeurs, de couleurs et du bonheur de voir se profiler à l’horizon le mot vacances… Vacances, mot magique s’il en est, qui alimenta la conversation lors du souper auquel ma voisine m’a récemment convié, histoire d’entretenir de cordiales relations … Il y avait là quelques-uns de ses amis et le sujet des vacances estivales fût lancé par l’un des convives, adepte du tout-inclus qui nous décrivit avec force qualificatifs, la vue paradisiaque de sa chambre louée dans un 4 étoiles mais à prix défiant toute concurrence, sur une île -version carte postale- . Il dressa ensuite la liste de tout ce qu’il allait faire : excursions, ski-nautique, plongée sous-marine, pêche au gros et j’en passe… Puis vînt le tour d’un couple, fidèle au même camping depuis 10 ans, avec lac artificiel mais dans lequel on pouvait bien sûr pêcher… Un camping proche de la nature avec piste asphaltée pour faire du patin à roues alignées, billard, mini-golf, terrains de basket, piscine surveillée… Bref un endroit extraordinaire avec mille choses à faire pour que surtout leurs enfants ne s’ennuient pas… Ma voisine quant à elle partait se ressourcer à la campagne, faire des travaux de rénovation pour améliorer le confort spartiate du chalet de son compagnon. Portable, cellulaire et autre i-pod seraient de l’expédition pour rester branchée sur le monde dans cet endroit magnifique mais éloigné de tout… On n’est pas des sauvages que diable! Et enfin un professeur en histoire de l’art, éreintée par son année scolaire, s’offrait le tour des grands musées d’Europe pour parfaire sa culture. Au programme : Londres, Paris, Amsterdam, Berlin, Vienne, Rome et peut-être Madrid s’il lui restait quelques deniers, le tout en un mois… Quand mon tour arriva et que la question fatidique tomba : Et toi que fais-tu pour les vacances?… J’ai répondu : Rien… Et n’en ajoutais pas plus… Mais comme la nature a horreur du vide, chacun y alla de son petit commentaire, en me disant que c’était formidable de rester chez soi pendant les vacances et de profiter de ce moment pour faire tout ce qu’on a n’a pas le temps de faire pendant l’année… Ne ménageant pas leurs efforts pour me donner des idées : ménage des placards, repeindre les murs de mon appartement, trier mes papiers sans compter qu’ici l’été regorgeait d’une foule d’activité à faire… Non, non, quand je dis rien c’est Rien! Mais rien à faire ce petit mot de rien ne leur évoquait rien… quand pour moi il signifiait : savourer le plaisir d’envoyer valser les contraintes, cultiver silence et lenteur, ne prévoir que l’imprévu et me laisser bercer par le souffle de mes désirs du moment! Et même peut-être oser l’ennui… Transformer ce mot qui nous fait si peur en terreau fertile pour émoustiller mon imagination… Pourquoi, même en vacances, vouloir toujours tout combler par le Faire…. Conjuguer le verbe Être n’est-il pas un fort joli projet de villégiature offrant tous les panoramas possibles?… Alors mes vacances de rien : prendre le temps de visiter ces cinq continents que sont mes cinq sens, au cours d’un voyage intérieur gratuit, sans photos-souvenirs pour ne pas m’entendre dire à mon retour : On n’a jamais autant besoin de vacances que lorsqu’on en revient!

© Tous droits réservés Sophie Hartung – Juin 2009-

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