Magasinage ou croisade?

Cliquer ici pour entendre ma chronique du 16 juin à l’émission Sans Détour sur la 1ère chaîne de Radio-Canada

Si pour bon nombre de femmes le magasinage est un plaisir… un délice voire une suprême excitation… Pour moi cela s’apparente depuis toujours à un chemin de croix! Une véritable croisade…
Pour la petite grosse que je suis qui pratique d’année en année, mais avec assiduité, un sport appelé le yoyo… (Sport de va-et-vient mais qui n’a rien d’érotique!)… que l’on pourrait aussi nommer : la valse des kilos, il est des plus difficiles de se composer une garde-robe sympa à petits prix! Avoir le sein opulent ou le bourrelet généreux coûte la peau des fesses! Malheureusement mon budget n’a pas le reflet de mes formes… Dois-je alors me contenter d’avoir l’air d’une tapisserie de salon anglais ringard ou d’une grosse veuve noire sous prétexte que le noir amincit! J’en porte depuis 20 ans et ceci dit cela ne m’a jamais fait perdre un gramme!!! Sans compter la joie feinte d’affronter le regard des vendeuses ou même de certaines clientes… qui oscillent entre condescendance ou fausse compassion sirupeuse!
Mais voilà, l’été pointant le bout de ses rayons, après avoir extirpé des boules à mites ma sempiternelle garde-robe estivale un tantinet fatiguée, je dus me rendre à l’évidence que je n’échapperais pas à la torture d’une journée de magasinage… Après avoir remisé mon gros manteau d’hiver, non sans une larme, car on dira ce qu’on voudra mais le Kanuk comparativement au maillot de bain confère une certaine égalité face aux différentes morphologies, j’entrepris donc de me préparer psychologiquement à ladite journée!
Et comme de bien entendu, je passais par toute la gamme des émotions vécues des centaines de fois… Entre vêtements trop chers, trop étroits, trop mémères ou encore affreusement bariolés… Trois bonnes heures de transpiration plus tard, alors que je sentais poindre un état de déprime de plus en plus latent, mon dépit et la chaleur me poussèrent dans un grand magasin climatisé! C’est alors qu’en essayant dans une cabine glacée un ixième top de couleur vert amande, le drame se produisit! Me rappelant l’inéluctable rotondité de mes formes, un de mes petits bourrelets eut l’idée charmante de se coincer dans la fermeture éclair! Fermeture que j’avais actionnée, il faut dire, avec un agacement dénué de toute délicatesse… Mes cris de détresse firent alors intervenir une préposée aux cabines, plus préoccupée par le sort du large top vert amande que par ma peau ensanglantée! Mais il faut croire que de temps à autre il y a un Dieu pour les petites grosses… Une chef de rayon passait par là et avec poigne me libéra du vêtement mangeur de chair et de l’agressivité d’une préposée en mal d’humiliation! Contre toute attente, elle refusa même que je paye le top devenu lambeaux et avec une compassion infinie et sincère m’apprit que je pouvais mettre un terme à mon calvaire! En effet, depuis moins d’un an dans l’Est de Montréal, une boutique-friperie pour les rondes, les joufflues, les obèses avait vu le jour!
Un brin sceptique, mais dans l’espoir d’achever cette journée avec légèreté, je me rendis donc chez Taillissimo… J’y fus accueillie, non pas comme une reine, mais tout simplement comme une cliente, que l’on conseille et que l’on respecte…
Je dois bien avouer que pour la première fois de ma vie, j’ai éprouvé un quasi orgasme en passant deux heures dans une boutique! Et sur le chemin du retour, chargée de mes trésors vestimentaires trouvés à petits prix, je me sentais femme tout simplement!

Pour en savoir plus sur : Taillissimo, boutique-friperie qui célèbre la femme sous toutes ses formes

Lien vers une page conseil du site Vive les rondes : Comment m’habiller

 

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