Kilos portent plainte!

En octobre dernier, alors que je prenais tranquillement mon petit-déjeuner en compagnie des quatre groupes alimentaires recommandés par le guide alimentaire canadien et que nous discutions calories et autres gras-trans avec monsieur Lipides, monsieur Glucide ou encore mademoiselle Protéines, ma sonnette retentit! D’humeur légère, j’ouvre la porte à un charmant préposé de Postes Canada qui me tend une lettre recommandée. À mon grand étonnement l’enveloppe provenait d’un cabinet d’avocats.
Je suis pourtant à jour dans mes comptes, je ne dois rien au gouvernement, j’ai des rapports très courtois avec mes voisins… A l’évidence ce ne peut qu’être une grossière et lourde erreur… J’ouvre la lettre au contenu des plus denses… . AHHH! OHHH! HIII! M’écriais-je alors en découvrant l’objet de la missive :
Le cabinet Boucher, Dodu, Fatbelly et Associés m’avisait dans des termes on ne peut plus explicites d’un recours collectif déposé contre ma personne pour séparation abusive par… 35 de mes kilos!!!
Il faut dire que le jour de mon anniversaire, j’avais annoncé à un certain nombre de mes kilos mon intention de me séparer d’eux. Une séparation que j’envisageais sans violence, en leur expliquant que cela se fairait en douceur, petit à petit, qu’on allait prendre le temps… Et dans ma tête il était très clair que la rupture allait se faire à l’amiable… Mais visiblement dans la tête uni-cellulaire de mes kilos ce n’était pas le cas… Visiblement ils ne digéraient pas le changement de régime!

Jointe à la plainte, une lettre de mes kilos m’exposait leur incompréhension et leurs griefs comme suit:

Notre chère grosse poupoune,

Comment peux-tu nous faire une chose pareille?…Nous vivons très étroitement ensemble depuis plus de 20 ans, nous avons développé au fil du temps une complicité adipeuse des plus chaleureuses, nous avons toujours eu l’esprit très large et ta demande intempestive de séparation nous blesse profondément, nous nous sentons diminués…
Comment peux-tu oublier tout ce que nous avons fait pour toi…
Dès ton adolescence nous t’avons protégé contre les regards lubriques et lors de tes examens nous t’avons toujours soutenu physiquement…
A chacune de tes déceptions sentimentales nous étions là fidèles au poste toujours prêts à faire appel à des renforts pour te soutenir encore et encore!
En soirée lorsque tu rentres dans une pièce en notre chaleureuse compagnie, tu ne passes jamais inaperçue. Notre humour est truculent et nous sommes la générosité incarnée… Sans compter toutes les économies que nous t’avons fait faire… Vestimentaires, en t’empêchant de devenir une fashion victim, énergétiques et écologiques car tu ne peux nier notre protection thermique des plus naturelles… Et nous avons toujours fait corps en t’entourant jour après jour d’un amour dodu et consistant au cœur de tes grands moments de solitude…
Nous vivions dans une harmonie pleine de grâce et maintenant tu veux briser ce bonheur abondamment nourri année après année?…
Sois raisonnable, tu t’es toujours accommodée de notre plantureuse présence et qui plus est, refuser de continuer à nous héberger en décidant arbitrairement de nous faire fondre en plein hiver est à la fois immoral et antisocial!
Et souviens-toi! A chaque fois que tu as tenté de nous quitter… Nous revenions toujours et souvent en plus grand nombre… Alors réfléchis bien avant de faire n’importe quoi!

Nous t’embrassons copieusement!
Tes kilos

Post-scriptum : Nous t’avisons que si tu poursuis ta démarche, nous nous verrons dans l’obligation d’exiger de ta part une grosse pension alimentaire!

Ma foi, j’ai trouvé ça des plus gonflés… Et depuis j’envisage sérieusement une thérapie de groupe!

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3 thoughts on “Kilos portent plainte!”

  1. Ma belle Sophie,

    Vous dites si bien ce que je ressens en démystifiant le mot  » gros  » pour lui donner une valeur plus allèchant de  » ronde « , merci ! pour la
    la saveur, c’est vraiment plus jolie et il nous colle mieux à la peau, car après
    tout,  » c’est la raison pourquoi les hommes aiment souvent se consoler près d’une ronde, ils ne peuvent se lasser du confort qu’on leur donne
    dans nos bras.

    J’aime lire vos prospos, continuez votre bon travail, vous êtes belle dans tout.

  2. Voilà, c’est moi en chair et en chair! il y a bien longtemps que je ne suis plus en chair et en os!Ah! je donnerai très cher pour qu’il me rende visite ce squelette!
    Merci Sophie de croire en nous et surtour m’appuyer dans ma démarche de faire des femmes charnues les muses de la mythologie arrondie. Nous serons les premières déesses de la volupté! vive la vie! nous avons ce prévilège d’être gourmandes! ce que les maigres n’ont pas, hélas! pour eux!
    bisous
    sandra

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